Un texte viral diffusé sur les réseaux sociaux à Meknès dénonce la disparition progressive des moussems et des fêtes traditionnelles sur l’Avenue Hassan II, au profit d’animations jugées trop modernistes et commerciales. Il met en lumière la tension entre sauvegarde du patrimoine immatériel local et transformations urbaines et touristiques, en appelant à un débat public sur l’avenir culturel de cet espace emblématique.
Un message largement relayé sur les réseaux sociaux a récemment ravivé le débat concernant la place des traditions dans l’espace public à Meknès, en particulier autour de l’Avenue Hassan II (شارع الحسن الثاني). Le texte s’indigne de ce qui est présenté comme une forme de rupture avec les pratiques culturelles ancestrales, au profit d’une modernisation perçue comme déconnectée de l’identité locale.
Selon ce texte, les moussems et fêtes traditionnelles qui animaient autrefois cette artère centrale auraient progressivement disparu, présentés comme sacrifiés au nom d’une vision dite « moderne » de la ville. Les célébrations d’antan, marquées notamment par la présence de troupes d’Ahouach, de tentes festives, de musique et de rassemblements populaires, sont évoquées comme un élément constitutif de la mémoire collective des habitants de Meknès.
Le texte oppose cette mémoire des moussems et des pratiques festives traditionnelles à l’image actuelle de l’Avenue Hassan II, décrite comme dominée par des supports publicitaires, des établissements de restauration rapide et une fréquentation orientée vers la prise de photographies à destination des réseaux sociaux. Cette évolution est présentée comme un glissement d’un espace de vie culturelle et communautaire vers un espace à dominante commerciale et visuelle.
La critique se concentre sur la perception d’un abandon du Moussem et, plus largement, du patrimoine culturel immatériel local. Elle met en avant l’idée que certaines manifestations culturelles auraient été remplacées par des festivals contemporains qualifiés de « à la mode », organisés principalement pour répondre aux attentes d’un public de touristes et d’influenceurs. Cette substitution est interprétée comme un affaiblissement de l’authenticité culturelle de Meknès.
À travers cette opposition entre « vraie tradition » et « modernité vide », le texte reflète une inquiétude plus large concernant la transformation des espaces urbains à vocation symbolique. Il illustre la tension entre, d’une part, la volonté de préserver les formes culturelles héritées, et, d’autre part, les dynamiques de modernisation, de promotion touristique et de médiatisation numérique qui redéfinissent les usages et l’image de la ville.
Ce message appelle explicitement à une réaction collective des habitants de Meknès, en les invitant à se positionner sur l’avenir culturel de l’Avenue Hassan II. Au-delà du ton polémique, il met en relief un débat de fond sur la place du patrimoine, la définition de l’authenticité et les choix de développement urbain et culturel dans une ville historique confrontée aux enjeux de la contemporanéité.
Le texte ne contient ni images ni références visuelles spécifiques, mais s’appuie sur un registre émotionnel et symbolique fort, en évoquant les grands-parents, les danses traditionnelles et les rassemblements passés. Il témoigne ainsi d’une sensibilité patrimoniale marquée et d’une volonté d’interroger les politiques culturelles et l’orientation des événements publics organisés sur l’Avenue Hassan II.