L’article expose le sentiment de marginalisation d’Amskroud au sein de la région Souss-Massa, malgré un important potentiel naturel, culturel et patrimonial. Il met en contraste la forte visibilité touristique d’Agadir et de Marrakech avec la faible mise en valeur des montagnes, de l’oasis et de l’héritage berbère d’Amskroud. Il relaie un appel local à l’organisation de randonnées, à la création de fêtes traditionnelles modernisées et à l’investissement, afin de faire émerger Amskroud comme destination authentique et de renforcer la fierté régionale.
Amskroud, localité située dans la région du Souss-Massa, est au cœur d’un débat portant sur la répartition de l’attention touristique et des investissements territoriaux. Alors que la plage d’Agadir et le Souk El Had attirent un flux croissant de visiteurs, Amskroud demeure perçue par de nombreux habitants comme une destination secondaire, voire oubliée, malgré des atouts naturels et culturels considérables.
La zone d’Amskroud se caractérise par des paysages de montagnes sauvages, une oasis préservée et un héritage berbère profondément ancré. Ces éléments constituent un potentiel important pour un tourisme de nature et de culture, distinct du modèle balnéaire et urbain qui prédomine à Agadir et dans d’autres pôles touristiques de la région. Selon une partie de la population locale, ce potentiel reste insuffisamment reconnu et exploité.
Le contraste entre la visibilité médiatique et touristique de villes comme Agadir et Marrakech et la faible présence d’Amskroud dans les circuits de promotion régionale alimente un sentiment de déséquilibre. La perception d’être le « parent pauvre » du Souss-Massa s’exprime à travers des critiques visant la concentration des flux touristiques et des investissements dans les mêmes centres, au détriment des territoires de l’arrière-pays.
Dans ce contexte, plusieurs voix locales appellent à une stratégie structurée de mise en valeur d’Amskroud. Parmi les priorités évoquées figurent l’organisation de randonnées encadrées dans les montagnes environnantes, la conception et la promotion de fêtes et événements associant traditions berbères et approches contemporaines, ainsi que l’orientation d’investissements publics et privés vers les infrastructures d’accueil et les services touristiques.
L’identité amazighe et le patrimoine immatériel d’Amskroud sont au centre de ces revendications. Les habitants désireux de valoriser leur territoire considèrent que l’authenticité des lieux et des pratiques culturelles peut répondre à la demande croissante pour des expériences touristiques plus responsables, immersives et respectueuses des communautés locales.
Cette mobilisation s’inscrit dans une dynamique plus large de rééquilibrage territorial au sein du Souss-Massa. Elle met en lumière la nécessité d’intégrer davantage les espaces ruraux et montagnards dans les politiques de développement touristique, en veillant à la protection des écosystèmes, à la préservation des patrimoines matériels et immatériels, et à la création d’opportunités économiques durables au bénéfice des populations locales.
Amskroud apparaît ainsi comme un cas emblématique des enjeux de reconnaissance, de justice territoriale et de diversification de l’offre touristique au Maroc. La demande exprimée en faveur d’une « renaissance » d’Amskroud reflète une volonté de faire émerger ce territoire comme destination à part entière, fondée sur la valorisation de ses sites naturels, de son oasis cachée et de son héritage berbère, dans une perspective de fierté régionale et de développement équilibré du Souss-Massa.